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L Ouragan Hazel, Toronto 1954 Plus ca change, moins c est pareil Le verdissage du village global
 

PLUS ÇA CHANGE MOINS C'EST PAREIL

Étude historiographique du corpus sur le changement climatique

 

par

André Lamalice

 

 

Introduction

 

Les changements environnementaux sont aussi vieux que la Terre elle-même, dont l’origine remonterait selon les dernières estimations à 4,554 milliards d’années.  Les racines connues les plus reculées de l’Homme préhistorique sont évaluées à quelque six ou sept millions d’années.   La plus ancienne civilisation humaine, celle qui donna naissance à l’Empire du Milieu, date        de 6 000 ans.  Au fil des siècles, les civilisations humaines étendirent leur connaissance et leur maîtrise de la Nature, qu’elles aient été issues de l’Antiquité gréco-romaine, du Proche-Orient et de l’Égypte ancienne, des empires mayas, aztèques ou incas, ou encore des sociétés australasiennes et du Pacifique Sud.  Et toutes, au travers de leurs interactions avec les écosystèmes, ont eu à degrés divers des effets souvent considérables sur l’environnement[1].  Pourtant, comme en témoignent les dernières recherches scientifiques qui mesurent l’ampleur et interprètent la signification de l’impact de l’Homme sur l’environnement, jamais au cours des 650 000 années qui précèdent l’ère industrielle, la concentration des gaz à effet de serre comme le CO2 et le méthane n’a-t-elle été aussi élevée qu’à l’heure actuelle:

We find that CO² is about 30% higher than at any time, and methane 130% higher than at any time; and the rates of increase are absolutely exceptional: for CO², 200 times faster than at any time in the last 650,000 years[2].

 

Que l’humanité soit confrontée en ce début de XXIe siècle à la réalité du changement climatique obtient aujourd’hui le consensus de la collectivité scientifique.

A University of California at San Diego scientist, Dr. Naomi Oreskes, published in Science magazine a massive study of every peer-reviewed science journal article on global warming from the previous ten years.  She and her team selected a large random sample of 928 articles representing almost 10% of the total and carefully analyzed how many of the articles agreed or disagreed with the prevailing consensus view.  About a quarter of the articles in the samples dealt with aspects of global warming that did not involve any discussion of the central elements of the consensus.  Of the three-quarters that did address these main points, the percentage that disagreed with the consensus? Zero.[3]

Que la question du changement climatique soit également l’objet d’un corpus important réunissant un grand nombre d’ouvrages visant essentiellement à étayer la preuve du réchauffement planétaire causée par l’action cumulative de l’Homme sur son environnement ne fait également aucun doute[4].

 

Outre les spécialistes des sciences de la nature, cette problématique a aussi intéressé, en un temps relativement court, un nombre grandissant de chercheurs des sciences sociales et des sciences humaines.  Ainsi, s’est rapidement constitué un vaste corpus dérivé de disciplines aussi diverses que la paléontologie, la glaciologie, la biologie, la climatologie, la géographie, l’économie, la sociologie et la science politique.  L’étude du passé, lointain ou immédiat constitue aussi un élément clé de ce corpus.  En effet, rares sont les ouvrages portant sur le changement climatique qui ne font pas appel à divers éléments historiques dans le cadre de leur développement.  Ce « passage obligé » vers l’histoire, effectué à l’enseigne de la pluridisciplinarité, vient complémenter et enrichir les recherches et études issues de la tradition historique à proprement parler.   Il donne tout son sens à l’utilisation de l’historiographie comme méthode d’investigation privilégiée pour mieux saisir la nature, l’orientation et la portée de ce corpus.  Quand et pourquoi s’est constitué un tel corpus?  Quelles sont les caractéristiques principales des ouvrages et des auteurs qui le composent?  Quels sont les enjeux majeurs qu’il soulève?  Et quelle en est l’orientation future?  Voilà autant de questions auxquelles tente de répondre le présent travail de recherche.

 

 

 

 

 

What’s more, climate change is a breaking story

The Weather Makers – Tim Flannery

 

 

Un corpus conjugué au passé immédiat

Au moment où l’environnementaliste Bill McKibben entreprend la rédaction de son ouvrage The End of Nature[5], la question de l’accroissement de CO2 dans l’atmosphère et du réchauffement de la planète commence déjà à préoccuper bon nombre de scientifiques.  C’est également en 1988 que la communauté scientifique internationale enclenche formellement un processus qui allait voir la publication d’une série de rapports quinquénaires d’experts sur le sujet.  Conscients du problème que pouvait poser le changement climatique à l’échelle du globe, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) créaient ainsi, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) dont pouvaient faire partie tous les membres de l’ONU et de l’OMM.  C’est la publication du troisième rapport [6] de ce groupe, en 2001, qui déclenchera véritablement l’alarme à l’échelle mondiale de l’urgence d’agir face au réchauffement planétaire.  Moins de quinze ans se sont écoulés entre ce cri du cœur et l’appel à l’action internationale en réaction à l’élévation des températures un peu partout sur la planète.  Ce qui est, somme toute, insignifiant en comparaison avec l’âge de la Terre, s’avère pourtant un retard insurmontable à la lumière des plus récentes découvertes scientifiques et face aux défis de civilisation qu’entraîne dans son sillon le changement climatique.

Le corpus qui supporte cette prise de conscience et qui témoigne du développement du corpus qui s’y rattache s’inscrit en parallèle au développement de la recherche scientifique.  Cette recherche porte sur un ensemble de sujets connexes reliés directement ou indirectement au changement climatique.  Elle se caractérise par son caractère consensuel et surtout la rapidité avec laquelle le corpus s’est constitué, imitant en cela le graphique du « bâton de hockey » que le climatologue Michael Mann et ses collègues proposait à la collectivité scientifique en 1998 et qui exprime la corrélation entre l’accroissement de CO2 dans l’atmosphère et le réchauffement des températures au niveau planétaire sur une échelle de 1000 ans[7].                                                                                                                                                                                                               

Les fondements scientifiques de la recherche sur le changement climatique tirent leurs origines lointaines de la fin du XIXe siècle[8].  Dès les années 1880, les météorologues européens et nord-américains commencent à observer un certain réchauffement des températures que des physiciens, tels le Britannique G.S. Callendar[9], associent dans les années 1930 -- mais de façon encore toute spéculative -- à l’accroissement du niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.  Dans l’ensemble cependant, tout au long de la première moitié du XXe siècle, les scientifiques n’accordent que peu d’attention au phénomène, si ce n’est pour tenter d’évaluer la capacité des océans à absorber les excédents de CO2 que produisent les sociétés modernes.

 

On doit les premières mesures du niveau de CO2 dans l’atmosphère au professeur Roger Revelle de l’Institut océanographique Scripps de Californie.  En 1957, ce denier rendait public un premier compte rendu de recherches alors qu’il signe en compagnie de son collègue Hans Suess un article intitulé Carbon dioxide exchange between atmosphere and ocean and the question of an increase of atmospheric CO2 during the past decades.[10] Dans cet article, Revelle affirme que les océans assimilent une quantité énorme de CO2 qui se transforme en acide carbonique, ce qui modifie leur Ph et les rendent plus acides.  Il ajoute également que, contrairement à la croyance scientifique de l’époque, une grande partie du CO2 que produisent les humains demeure dans l’atmosphère et n’est pas en réalité absorbée par les océans.  La conclusion de l’article est sans équivoque: « Human beings are now carrying out a large-scale geophysical experiment of a kind that could not have happened in the past, nor be repeated in the future »[11].  Les recherches systématiques que Revelle mène au cours des dix années qui suivent au sommet du mont volcanique Mona Loa (Hawai) en compagnie de Charles David Keeling confirment ses hypothèses de départ.

It was clear even at this early stage of their experiment that the concentration of CO2 throughout the Earth’s atmosphere was going up at a significant rate.[12]

 

Ce n’est toutefois pas avant le début des années 1970 que certains groupes de chercheurs commencent à se pencher de manière assidue sur la question des variations climatiques et de l’effet de serre.  Par exemple, Martin Bowden, Nancy Fishman, Patricia Cook, James Wood, et Edward Omasta, publient en 1970 le fruit d’une recherche sur le climat dans le Nord-Ouest des Îles Vierges[13].  Toutefois, ces premiers rapports de recherche portent davantage sur les effets des variations de la température, l’approvisionnement en eau potable et les effets de Dame Nature sur l’Homme[14], et en particulier sur la production agricole[15].  Les développements de la science sur l’effet de serre permettent d’accumuler de plus en plus de renseignements sur les effets de l’Homme sur le climat et préfigurent les grandes études interdisciplinaires qui allaient marquer les décennies qui allaient suivre.

Simultaneously, the institutional developments, in particular within the WMO and ICSU, laid the foundations for the organisation and coordination of further research which would facilitate the development of a scientific consensus on global warming during the 1970s and 1980s.[16]

 

La problématique du changement climatique se situe donc, d’entrée de jeu, à l’enseigne de l’histoire contemporaine et du temps présent.  Le « temps présent », avant d'être décliné comme une période de l'histoire -- et donc réinscrit dans un devenir et une temporalité --  était et demeure, par définition, le terrain de prédilection de la plupart des sciences sociales. Or, l’« histoire au présent », on le sait, prend une place de plus en plus importante dans l'ensemble de la production historique, ce qui peut s’avérer lourd de sens pour l'avenir mais qui suscite aussi des réactions plus circonspectes.  Où est située la frontière entre le passé et le présent ?  À ce questionnement, l’historiographie propose une réponse porteuse d’avenir : l’histoire « immédiate » attire non seulement un nombre de plus en plus grand d’historiens mais également de chercheurs provenant d’une configuration pluridisciplinaire.  Ce constat fait aussi partie intégrante de la définition du corpus sur le changement climatique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

We, the members of the Club of Rome, are convinced that

the future of humankind is not determined once and for all

and that it is possible to avoid present and foreseeable catastrophes

Web Site Archives -- Club of Rome

 

Du Club de Rome au Rapport Brundtland

En 1972, la publication de Halte à la croissance ? Rapport sur les limites de la croissance, commandé deux ans plus tôt par le Club de Rome[17] constitue un temps fort de la prise de conscience de la collectivité internationale des effets de l’Homme sur son environnement.

Ce premier rapport[18] du Club de Rome est produit par une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1970 et renferme des conclusions annonçant un futur catastrophique pour l'humanité si cette dernière ne parvient pas à se préoccuper davantage des conséquences de ses activités sur l'environnement.

L’ouvrage, qui souligne la nature préliminaire du modèle emprunté pour en arriver aux résultats mis de l’avant, espère d’abord et avant tout attirer l’attention sur les questions qu’il soulève et susciter un débat critique à l’échelle mondiale sur la nécessité d’opérer des changements majeurs afin d’éviter les grandes catastrophes que l’on prévoit alors pour les années 2070.

La première conclusion à laquelle en arrivait l’ouvrage était que si la croissance d’alors se poursuivait au même rythme, l’humanité allait connaître une fin abrupte à cette croissance dans moins de cent ans et résulter en une période de déclin soudaine et incontrôlable de la population et de la capacité industrielle.  La deuxième conclusion principale du rapport était que cette courbe de croissance pouvait être modifiée et que si les modifications appropriées étaient apportées le monde serait en mesure d’établir un régime de stabilité écologique pouvant soutenir un développement durable à l’échelle mondiale.  La troisième conclusion, et peut-être la plus importante, était que pour réaliser cet objectif, le monde devait emprunter le chemin menant à l’équilibre écologique le plus rapidement possible

Ce « coup d’envoi » du Club de Rome attire rapidement les foudres de nombreux économistes et de spécialistes en énergie.  Ces derniers, en particulier, lui reprochent une certaine exagération dans ses prédictions et en qualifient les grandes lignes d’alarmistes et de dérisoires.  Pourtant, à l’examen des événements du dernier quart de siècle, force est de constater la justesse des préoccupations de ce rapport.  Le monde s’est développé à la vitesse que prévoyaient les extrapolations des tendances fondamentales identifiées dans le rapport.  Le fossé grandissant entre riches et pauvres n’a fait que s’accroître.  La croissance de la population s’est accélérée.  Et alors que s’entame le XXIe siècle, les pressions qui s’exercent sur les ressources existantes deviennent de plus en plus sérieuses.  N’eut été du faible rythme d’expansion du niveau de vie des pays pauvres, la situation globale des ressources au tournant du siècle aurait été pire encore.

 

Il faudra bien sûr attendre encore quelques décennies avant de confirmer si le rapport avait raison ou non des points de vue économique et social.  Mais il est déjà acquis que certains

effets de la croissance de l’activité humaine se sont également traduits dans des réalités qui ne

figuraient qu’indirectement au nombre des préoccupations originelles des membres du Club de Rome.  À la lumière des recherches qui allaient se poursuivre au cours des années suivantes, la définition de « développement durable » telle que le proposait le Club de Rome allait être modifiée pour y inclure la notion de capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

 

D’aucuns affirment que le point tournant dans la prise de conscience de l’existence du changement climatique s’est produit avec la diffusion de deux rapports intitulés Study of critical Environment Problems et Study on Man’s Impact on Climate lors de conférences tenues respectivement à Williamstown (Mass.) et Stockholm au début des années 1970.  La Conférence de Stockholm sur l’environnement humain de 1972, à l’origine du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), constitue aussi un jalon important dans le cheminement vers la reconnaissance de la problématique du changement climatique au plan institutionnel.

Cette conférence donne lieu à une série de conférences des Nations Unies sur divers problèmes reliés au changement climatique au cours de la décennie qui allait suivre[19].  On assiste aussi, à la suite de cette conférence, à un changement dans la nature même de la recherche météorologique.  “After 1972-73, the research programmes expanded into the field of long-term climatic trends and conditions, rather than short-term weather patterns.”[20]

L’Organisation météorologique mondiale collabore avec divers organismes des Nations Unies et le Conseil international des unions scientifiques pour mettre sur pied la première Conférence mondiale sur le climat, à Genève, en 1979.  Malgré un appel aux nations « to foresee and to prevent man-made (sic) changes in climate »[21] la déclaration publiée à l’issue de cette conférence qui regroupait quelque quatre cents scientifiques de plus de cinquante pays différents ne parvient pas à obtenir l’effet escompté. 

C’est au Rapport Brundtland[22], publié en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, que revient la tâche faire le lien entre les questions de développement économique et d’environnement et de définir la politique nécessaire pour parvenir à un développement durable.  Le rapport propose d’ailleurs une nouvelle définition du développement durable  : « The concept of sustainable development does imply limits – not absolute limits but limitations imposed by the present state of technology and social organizations on environmental resources and by the ability of the biosphere to absorb the effects of human activities. »[23]

Même si l’essentiel du rapport porte sur les dimensions socio-économiques du développement et la nécessité qu’il soit appuyé d’une volonté politique de changement, la réalité émergente du réchauffement planétaire fait désormais partie de la problématique globale des menaces à la survie de l’humanité :

The present decade has been marked by a retreat from social concerns.  Scientists bring to our attention urgent but complex problems bearing on our very survival: a warming globe, threats to the Earth’s ozone layer, deserts consuming agricultural lands.[24]

 

Selon le rapport Brundtland, la totalité des nations peuvent avoir à souffrir des quantités de gaz carbonique et d’autres gaz que les pays industriels déversent dans l’atmosphère et qui réagissent avec la couche d’ozone, comme elles souffriraient toutes d’une guerre au cours de laquelle les pays qui en disposent se serviraient des armes nucléaires. C’est donc à l’ensemble des nations qu’il appartient d’agir pour modifier les tendances actuelles et pour rectifier le système économique international de façon qu’il n’ait plus pour effet d’augmenter, mais de diminuer les inégalités et le nombre des pauvres et des affamés[25].

 

Outre les ouvrages charnières que sont les travaux du Club de Rome dans les années 1970, et des travaux d’organismes des Nations Unies, notamment ceux de la Commission mondiale sur le développement et l’environnement dans les années 1980, dont le rapport Brundtland est le plus connu, le corpus sur le changement climatique qui se développe comprend de nombreux ouvrages collectifs, et cette caractéristique deviendra une constante de la production jusqu’à aujourd’hui.  Alimentées par la collectivité universitaire et scientifique internationale, les grandes instances gouvernementales et internationales seront interpellées au premier chef par la problématique du réchauffement planétaire et, dans une proportion importante, ce seront d’abord elles qui verront à publier et à diffuser les résultats des recherches sur le changement climatique[26].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consensus as strong as the one that has developed around

This topic is rare in science.

 

Donald Kennedy, Science Magazine

 

 

La recherche s’organise, le corpus se définit

 

Les premiers modèles obtenus à l’aide d’ordinateurs au début des années 1970 indiquent qu’une augmentation du double de CO2 dans l’atmosphère résulterait en une élévation de température de 3ºC à l’échelle mondiale.  Cette période fait même place à un certain optimisme.  « There was even a period of optimism when some researchers believed that extra CO2 in the atmosphere would fertilize the world’s croplands and produce a bonanza for farmers. »[27].  À la fin de la décennie, la question de l’existence même du réchauffement planétaire dans les termes que l’on connaît aujourd’hui commence à se poser même si les experts se contredisent toujours non seulement sur la nature de ce changement mais encore sur sa signification.

 

Ce débat, qui perdure dans les médias tout au long de la décennie des années 1980[28], s’articule autour de la question portant sur la nature même des causes véritables (humaines ou naturelles) des variations climatiques observées et qui annoncent des changements à venir encore plus importants.  Il expose également les divergences de vues des scientifiques quant à l’interprétation des données recueillies.

In the late 1980s, we didn’t completely understand the sensitivity of the earth’s physical systems to small shifts in temperature.  Most of the scientist I talked to then would not have predicted that a 1-degree rise in global average temperature – which is what we have so far caused – would be enough to so thoroughly disrupt the planet.[29]

Mais au-delà de ces considérations, il signifie surtout que la recherche scientifique repose sur un passé trop récent sur lequel l’application de la méthode scientifique n’a, somme toute, que peu d’emprise.  La méthode scientifique a habituellement recours à l'expérimentation objective pour prédire, vérifier ou réfuter une assertion avancée par une théorie.  La théorie est modifiée en fonction des résultats de l'expérience.  La procédure est répétée en testant et en modifiant constamment la théorie, jusqu'à ce qu’elle soit conforme à toutes les observations expérimentales possibles. C’est peut-être ce qui explique que la collectivité scientifique, au fil de recherches exhaustives, parfois laborieuses mais qui toutes nécessitent une période minimale de gestation, prendra un certain temps avant de réunir les observations expérimentales nécessaires, développer un ensemble de modèles significatifs et un corpus rigoureux en appui à la thèse du réchauffement de la planète.

En 1985, le Programme météorologique mondial, qui est l’une des quatre composantes de l’OMM, organise la Conférence de Villach (Autriche) dont les conclusions fondées sur la croissance manifeste de la portée et de la complexité de la recherche sur le changement climatique s’avèrent sensiblement mieux appuyées par des modèles plus réalistes et la prise en compte de divers gaz anthropogéniques, tels que les CFC, le méthane et l’oxyde nitreux).  En ce qui concerne le CO2, le consensus scientifique se solidifie, ce qui permet à la conférence de conclure sur la note suivante :  « The most advanced experiments… show increases of the global mean surface temperature for a doubling of the atmospheric CO2 concentration or equivalent, of between 1.5 and 4.5 C ».

Au Canada, le corpus s’enrichit aussi au cours de cette période de nombreux travaux reliés au changement climatique grâce principalement aux activités du Service météorologique du Canada d’Environnement Canada qui diffuse sous le titre de Climate Change Digest, une série de rapports à compter de 1987[30].  Ces rapports sont souvent des résumés de rapports plus volumineux ou d’études de cas commandés par les services d’Environnement Canada et traitent d’aspects spécifiques du changement climatique dans les diverses régions du pays. Les chercheurs et universitaires canadiens commencent aussi à monter des expositions[31], publier les résultats de leurs travaux de recherche[32] et organiser des colloques tels que la « Conférence sur la civilisation et les changements climatiques » qui se tiendra à l’université de Calgary en août 1987[33].

Ce n’est toutefois pas avant les années 1990, que le corpus sur le changement climatique connaît son véritable essor alors que les recherches se multiplient.  Les publications qui en résultent prennent souvent la forme d’articles dans les journaux et revues spécialisées[34],

dont les plus connus sont : Oecologia, Nature, Science, Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, Australian Journal of Ecology, Climatic Change, Journal of Climate, Climate Change Digest, et Global Change Biology.  Depuis les milieux humides[35] jusqu’aux forêts tropicales[36], des questions reliées à la santé[37], aux forêts[38], aux lacs et réservoirs[39], en passant par les montagnes[40], les vents[41]et les caribous[42], les chercheurs ne semblent ménager les efforts afin de valider ce que d’aucuns qualifient encore de « théorie du réchauffement planétaire ».

 

Cette décennie voit également se décupler le nombre de conférences internationales par rapport aux années précédentes[43].  L’année 1990 à elle seule marque de façon significative le changement de cap de la collectivité scientifique.  Celle-ci s’organise alors que sont mis sur pied nombre d’ateliers et de conférences, la plupart du temps sous l’égide d’organismes internationaux ou à vocation internationale, y compris l’Institut canadien pour la paix et la sécurité et le Forum parlementaire sur les changements climatiques (Canada), le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le Congrès de Hambourg sur le climat et le développement, l’Accord bilatéral É-U-URSS sur les changements climatiques, les programmes spéciaux de recherche avancée de l’OTAN, l’atelier de Nairobi sous l’égide du PNUE et de l’International Society of Soil Science (ISSS), et le Conseil national de recherche, le comité sur les changements climatiques du Département de l’environnement (DOE) et l’American Association for the Advancement of Science des États-Unis[44].

Au cours des années 1990 paraissent aussi de nombreux ouvrages de pointe issus d’ateliers et de colloques regroupant des spécialistes de disciplines complémentaires.  Ainsi, la conférence de Wageningen (Pays-Bas) de novembre 1996 sur les effets du changement climatique sur la physiologie des arbres et des écosystèmes forestiers donne-t-elle lieu à la publication de       47 communications sur l’état de la connaissance en matière de pollution atmosphérique aux plans biophysique et physiologique en regard des conditions climatiques en émergence[45].  Mais, là comme ailleurs, les auteurs ne livrent qu’une vue d’ensemble de leurs travaux.  Ils y présentent leurs domaines d’expertise plutôt que leurs recherches inédites.  On devra attendre le tournant du siècle avant de voir les chercheurs s’orienter résolument vers la signification à donner à ces recherches à l’intention de divers publics cibles.

 

C’est donc à un corpus en mutation continue et qui se transforme de manière sensible, grosso modo à chaque décennie, auquel on s’adresse.  Dans les années 1970, il est d’abord et avant tout constitué de rapports et de publications scientifiques disparates, au vocabulaire souvent hermétique, et spécialisées dans les divers domaines des sciences de la nature que publient des chercheurs isolés.  Il est caractérisé par une diffusion restreinte.  Ce corpus s’ouvre, dans les années 1980, sur un débat élargi à la suite de recherches exhaustives menant à la parution de vastes études qu’initient les grandes institutions internationales.  Sous l’impulsion de la collectivité scientifique, la décennie suivante voit le corpus se métamorphoser progressivement en un vaste ensemble de projets de recherches complémentaires, issus de nombreux ateliers et colloques nationaux et internationaux[46].  Il en découlera un véritable collectif d’ouvrages pluridisciplinaires de pointe et d’ouvrages de vulgarisation.  Cette double orientation s’explique par la nature même du sujet qui fait appel, d’une part, à l’ensemble des disciplines académiques et scientifiques et, d’autre part, par la nécessité de diffuser auprès de la collectivité des chercheurs les plus récentes découvertes aux fins de stimuler la discussion des résultats et des idées nouvelles.  Pareille évolution du corpus ouvre la porte à un effort de sensibilisation et de conscientisation qui s’accélère au tournant du siècle et qui sera repris par les grands médias de diffusion[47].  Au fur et à mesure que sont divulgués les résultats des recherches et de l’accumulation des données, le corpus apparaît de plus en plus comme la démonstration scientifique de l’existence du réchauffement planétaire[48].  On assiste ainsi, à compter des années 2000, à la parution d’un nombre croissant de publications visant à alerter et sensibiliser l’humanité à faire face aux bouleversements issus du changement climatique qui se pointe désormais à l’horizon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Unless we stop now, we will really doom the lives of our descendants.  If we just go on for another forty or fifty year faffing around, they’ll have no chance at all, it’ll be back to the stone age.  There’ll be people around still.  But civilization will go.

James Lovelock, May 2004

 

 

Début de temps nouveau sur fond d’apocalypse

 

À partir du tournant du siècle, les publications qui s’ajoutent au corpus sur le changement climatique vont s’aligner sur de nouveaux axes de recherche et de diffusion.  C’est le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) qui sonne la charge du changement.  S’inscrivant en appui à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC), signée au Sommet de la Terre en 1992[49] et ratifiée en 1994, le Groupe, composé, entre autres, d’universitaires spécialisés en changement climatique mais aussi d’océanographes, de biologistes, d’économistes, de sociologues, de glaciologues, de paléoécologistes, et de spécialistes de la santé, avait jusque là publié une série de rapports qui évaluaient et résumaient les résultats de recherches qui pouvaient s’avérer pertinents pour les instances politiques[50], mais qui ne recommandaient aucune politique en particulier.  Avec la publication du troisième rapport du Groupe en 2001, vaste évaluation qui se compose de trois volumes[51] et d’un « rapport de synthèse »[52], l’optique va changer.  Annonciatrice d’un temps nouveau, la jonction avec le monde politique s’effectue.  Conçu pour répondre aux grandes questions d’ordre politique soulevées lors de la Conférence des parties à la CNUCC, cet ensemble de documents sonne véritablement l’alarme du réchauffement planétaire :

Sur la base d’une projection de la croissance mondiale de la population, de l’économie et du développement technologique et commercial, le GIEC élabore un large éventail de nouveaux scénarios plus réalistes sur les émissions de gaz à effet de serre, jusqu’en 2100. Ces scénarios prévoient un plus grand écart dans les prévisions des températures moyennes mondiales, affichant une hausse de 1,4 à 5,8°C jusqu’en 2100, sans compter la hausse de 0,5 degré de 1990. Le GT I en arrive aussi à la conclusion qu’il « existe une nouvelle preuve tangible selon laquelle une grande partie du réchauffement observé dans les cinquante dernières années est attribuable aux activités humaines ». Le Groupe de travail II souligne, quant à lui, que les pertes mondiales reliées aux catastrophes naturelles ont été dix fois plus nombreuses entre les années 60 et 90, une partie de cette hausse étant imputable à l’augmentation de la fréquence et de la gravité de certaines de ces catastrophes, et qu’avec le temps, cette tendance n’ira probablement pas en s’améliorant. De plus, les changements qui ont eu lieu jusqu’alors sont identifiés comme ayant un impact sur l’écosystème de plusieurs régions du monde.[53]

Selon le Groupe de travail III, pour respecter les objectifs du Protocole de Kyoto adopté en décembre 1997 et entré en vigueur le 16 février 2005, la plupart des occasions pour réduire les émissions viendront des gains en rendement énergétique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre par les industries.  On peut attribuer en bonne partie l’effet d’entraînement qu’auront ces rapports auprès du monde académique et scientifique à la large brochette d’experts qui ont pris part à leur rédaction, de même qu’au processus ouvert et facile d’évaluation par les pairs qui les gouvernent.

 

Cet effet d’entraînement sera également à l’origine du cumul d’ouvrages qui permettront à la collectivité scientifique d’affirmer en juillet 2005 que la « compréhension scientifique du changement climatique est maintenant assez claire pour justifier que les États entreprennent rapidement des actions »[54].  Au plan politique toutefois, l’effet sera plus mitigé et donnera lieu à de nombreux questionnements sur la capacité de l’humanité de relever le défi que pose le changement climatique.  Trois nouveaux axes vont cependant émerger du corpus en rapport avec ce défi: les questionnements en matière de gouvernance et de régimes de contrôle internationaux, l’analyse de voies d’avenir et les enseignements à la lumière du passé et l’urgence de passer à l’action.

 

Les axes de recherche et de diffusion des années 2000

Gouvernance et changement climatique

Que les premières mentions du mot « gouvernance » dans les titres d’ouvrages sur les changements climatiques du corpus coïncident avec l’an 2000, n’est pas le fruit du hasard.  Elles se produisent au moment où la définition même du terme commence à s’appuyer sur un consensus.  Contrairement à la notion de gouvernement que l’on perçoit comme se rapportant avant tout à l’institution en tant que telle, le terme gouvernance réfère de plus en plus à un processus[55].  C’est essentiellement la distinction que fait John Vogler dans son ouvrage  The global commons : environmental and technological governance[56] alors qu’il procède à l’analyse de la façon dont les divers éléments du patrimoine mondial[57] sont gouvernés.

Toutefois, c’est un ouvrage que publient Clark Miller et Paul Edwards en 2001, qui interprète le mieux l’intégration de la dimension politique aux impératifs du réchauffement planétaire. Réunissant des études empiriques sur les questions climatiques et leur intégration au sein des politiques publiques, Changing the atmosphere: expert knowledge and environmental governance aborde les questions du rôle des processus scientifique, politique et social dans la création du savoir et de l’acquisition des connaissances sur le changement climatique et traite de la place qu’occupent les organisations scientifiques dans la gouvernance environnementale mondiale (par exemple : l’OMM, la Convention-cadre sur le Changement climatique, et le GIEC). 

 

La notion voulant que les questions de politiques issues du changement climatique fassent partie d’un processus qui remonte aux origines de la création du GIEC n’est pas nouvelle[58].  Il n’en demeure pas moins vrai qu’à titre de mécanisme international de contrôle des changements climatiques, le protocole de Kyoto[59] est, depuis les négociations en vue d’établir un régime mondial[60] jusqu’à l’analyse détaillée des problématiques qu’il soulève par la suite[61], l’objet d’une attention particulière.  Ces études ont tantôt revêtu un caractère général, comme c’est le cas de The Kyoto Protocol : international climate policy for the 21st century[62], qui paraît en1999, tantôt un caractère plus spécialisé, tel que l’ouvrage de Michael Grubb, Christiaan Vrolijk and Duncan Brack, The Kyoto Protocol : a guide and assessment[63], publié sous l’égide du Programme sur l’énergie et l’environnement du Royal Institute of International Affairs de Londres.  Les aspects légaux du protocole de Kyoto sont également étudiés par de nombreux spécialistes tels que l’avocate Juliette Voinov Kohler qui s’intéresse à l’application du mécanisme de contrôle du protocole à la lumière de la diplomatie et du droit[64],ou encore les experts de la Banque mondiale David Freestone et Charlotte Streck avec Legal aspects of implementing the Kyoto Protocol mechanisms : making Kyoto work[65], ou l’économiste Dieter Helm, auteur de Climate change policy[66].  Pour sa part, dans son ouvrage rigoureux et très documenté Le défi énergétique[67], Jean-Claude Laroche aborde les problèmes climatiques après avoir dressé l’état des besoins énergétiques mondiaux.  Parlant de l’insuccès de Kyoto, il affirme que cet échec pourrait être à l’origine de troubles majeurs aux plans géopolitique, économique, écologique et social dont l’Occident est en grande partie responsable à cause principalement de son insatiabilité et de son inconduite dans ses rapports avec un tiers-monde qui ne cesse de s’appauvrir.  Pour Laroche, la recherche est appelée à jouer un rôle crucial dans la réponse aux problèmes qui nous confrontent à la condition qu’elle s’inscrive dans la foulée du partage des technologies et du développement durable[68] Cependant, au-delà des questionnements et des difficultés qu’il suscite, le protocole de Kyoto n’en demeure pas moins « the only international treaty in existence created to combat climate change.  For those who urge abandonment or who criticize Kyoto there are two questions :  what do you propose to replace Kyoto with, and how do you propose to secure international agreement for your alternative ? »[69]

 

La publication d’ouvrages généraux et d’interprétation sur les enjeux de gouvernance s’intensifie dans les années 2000.  Dans cette catégorie figurent des publications telles que Climate crash : abrupt climate change and what it means for our future[70] du journaliste américain John D. Cox, membre de la National Association of Science Writers et qui s’intéresse à la question du changement climatique depuis le début des années 1990, et Weather, climate and climate change : human perspectives[71] de Greg O’Hare, John Sweeny et Rob Wilby Harrow, qui traite en particulier de la théorie et de l’expression du changement climatique et des effets de la température et du climat sur l’environnement et la société.  Cependant, nombre de publications sur la gouvernance conservent leur orientation académique et leur caractère premier d’instruments de recherche multidisciplinaires.

 

Le collectif The business of global environment governance est l’un de ces ouvrages.  Publié en 2005 sous la direction de David Levy et Peter Newell, il réunit des collaborateurs provenant de disciplines telles que l’économie politique internationale, la gestion et la science politique.  Après avoir présenté l’évolution de la gouvernance environnementale internationale comme une interaction dynamique entre les structures économiques, les stratégies d’affaires et les processus politiques, les auteurs s’attardent à l’examen de la façon dont les milieux d’affaires influencent les politiques et sont influencés en retour par les politiques environnementales internationales.  L’ouvrage contient aussi bien des études empiriques sur les régimes connus de lutte au changement climatique que des études de cas sur des régimes privés telles que les normes de gestion environnementale ISO 14000.  Enfin, dans Multilevel governance of global environmental change : perspectives from science, sociology and the law que publie en 2006 Gerd Winter, professeur de droit à l’université de Brême, laisse quant à lui la parole à vingt-quatre grands spécialistes de domaines aussi divers que l’analyse des systèmes mondiaux, de la société et des institutions reliés au changement climatique, de la législation et de l’autoréglementation de l’industrie, de l’analyse du potentiel des États et des grandes régions à faire face aux défis environnementaux, de la formation et de la mise en œuvre des régimes internationaux, des mécanismes de gouvernance internationale, et des concepts fondamentaux de l’institutionnalisation des enjeux communs.

 

Que ce soit par l’entremise de l’examen des interactions entre climat et biosphère et la réponse des écosystèmes face à l’activité humaine en général[72], ou, de manière particulière, à l’activité humaine dans les milieux urbains[73], que ce soit pour tenter d’expliquer pourquoi certains pays n’appuient pas les efforts de la communauté internationale dans la lutte aux gaz à effet de serre (GES)[74], ou encore pour suggérer des politiques de mise en œuvre du développement durable[75], le corpus s’enrichit d’ouvrages sur la gouvernance qui ouvrent la porte à l’action. Cette volonté de passer à l’action s’exprime au sein du corpus à deux niveaux : la publication de manuels et de livres à caractère pédagogique[76] et les ouvrages de vulgarisation à l’intention du grand public[77].

 

Manuels et ouvrages à caractère pédagogique

Plusieurs manuels ayant comme sujet principal le changement climatique s’inscrivent dans la foulée de l’appel du GIEC.  Au nombre des ouvrages marquants des dernières années figure Atmospheric pollution : history, science and regulation, du professeur Mark Jacobson de l’université Stanford.  Ce livre, qui constitue une excellente introduction à l’histoire et aux sciences derrière les plus importantes questions en matière de pollution, discute à fond des cinq plus importants sujets se rapportant à la pollution atmosphérique : la pollution extérieure en milieu urbain, la pollution intérieure, les dépôts acides, la réduction de la couche d’ozone et le changement climatique.  Le chapitre 12 sur le changement climatique fait porter la discussion sur le réchauffement planétaire causé par l’effet de serre, l’historique et les facteurs qui en influencent l’accroissement, les conséquences possibles du réchauffement planétaire et les contrôles réglementaires régissant le phénomène.

 

Plus récemment,  History of life[78], de Richard Cowen, traduit l’essentiel d’un cours que l’auteur donne à l’université de la Californie et est écrit à l’intention non seulement des étudiants mais aussi du grand public.  Comme son titre l’indique, l’ouvrage raconte l’évolution générale de la vie sur la Terre.  Sont successivement étudiés, les origines de la vie, les manières dont les climats anciens ont pu influencer l’évolution des êtres vivants et comment, en particulier, les poissons se sont graduellement développés pour accéder finalement aux grandes classes de tétrapodes (vertébrés terrestres), y compris des humains.

Pour sa part, le Primer on climate change and sustainable development : facts, policy analysis, and applications[79] que signent Mohan Munashinge et Rob Stewart repose directement sur l’information contenue dans les derniers rapports du GIEC et présente une vue d’ensemble des liens existants entre le changement climatique et le développement durable.  En plus de faire état des plus récentes recherches, les auteurs expliquent certains scénarios de développement pour le futur, compte tenu de la réalité du changement climatique.  Mais il n’y a pas que les manuels et les ouvrages à caractère pédagogique qui agissent comme relais des messages environnementaux du GIEC.  Norman Vig et Michael Kraft réunissent dans la sixième édition de Environmental policy : new directions for the twenty- first century, leur grand ouvrage[80] à l’intention des étudiants du monde universitaire, une quinzaine de spécialistes des politiques publiques afin de présenter des pistes de solution porteuses en matière de politiques publiques dans les domaines de l’environnement, des institutions, et des enjeux et controverses nationales et internationales se rapportant au changement climatique.

 

Par leur capacité de marquer l’imaginaire collectif, certaines thématiques propres à l’étude du changement climatique vont faire l’objet d’un effort particulier de diffusion et de vulgarisation de la part des chercheurs, notamment par la publication d’ouvrages sur les régions polaires[81]

 

Un foyer de convergence : les régions polaires

Publié en 2004, The whale and the supercomputer : on the northern front of climate change[82], de Charles Wohlforth, traduit la réalité du réchauffement de la planète dans les régions arctiques en démontrant en termes concrets que le changement climatique n’est pas une abstraction dans le Grand Nord.  Pour ce faire, Wohlforth suit la trace d’un équipage traditionnel de chasseurs de baleines aux prises avec des paysages en mouvance et une équipe de scientifiques qui a pour mission de mesurer l’amincissement de la couche de neige afin de mieux comprendre les propriétés de l’albédo.  Les deux cultures y constatent les mêmes changements, y compris la fonte des glaces anciennes et les déplacements de populations d’insectes et d’animaux.  L’année suivante paraît Antarctic ecosystems : environmental contamination, climate change, and human impact[83] de Roberto Bargagli, professeur à l’université de Sienne et spécialiste des écosystèmes.  Dans cet ouvrage plus pointu, l’auteur fait état des caractéristiques physiques et chimiques uniques de l’environnement antarctique, des adaptations écophysiologiques des organismes terrestres et marins, du transfert des contaminants dans la chaîne alimentaire pélagique (haute mer) et néritique (près des côtes) et des conséquences possibles sur les animaux plus élevés dans la chaîne alimentaire.  En particulier, Bargagli discute du rôle important que jouent les organismes de l’Antarctique dans le processus de détection dès le tout début des perturbations environnementales. Pour sa part, l’environnementaliste Chad Kister publie Arctic Melting : how global warming is destroying one of the world’s largest wilderness areas[84] utilise cet ouvrage pour passer en revue et analyser les nombreux effets et les enjeux qui découlent du réchauffement de l’Arctique: la fonte des glaciers et du permafrost, la diminution de la calotte glaciaire, les effets sur les loups de mer, les guillemots et les ours polaires, l’affaissement de la calotte arctique dans l’océan, l’ouverture du passage du Nord-Ouest, les migration animales et végétales vers le Nord, les défis posés aux hordes de caribous, la disparition des forêts de l’Alaska et de la toundra, et les changements dans la nature des chutes de neige.  Au chapitre des solutions envisagées, comme beaucoup d’autres scientifiques de la période, il suggère de ralentir les changements qui sont déjà en train de se produire par le moyen principalement du recours à l’énergie éolienne et à l’énergie solaire.

 

En parallèle à ces efforts de diffusion, la fragilité des écosystèmes de l’Arctique et de l’Antarctique n’en continue pas moins de faire de ces deux régions des domaines d’études privilégiés des chercheurs.  En 2005, est publié aux presses de l’université Cambridge Arctic climate impact assessment[85], un gigantesque rapport commandité par le Conseil de l’Arctique, forum intergouvernemental qui comprend les huit nations arctiques.  Le rapport constitue la première évaluation complète des changements dans l’Arctique, des changements dans les niveaux de radiation ultraviolette et de leurs effets sur la région et, au-delà, sur le monde entier.  Il confirme l’évolution rapide du climat au cours du dernier demi-siècle et anticipe de plus grands changements encore dans l’avenir.  Les modèles de climat que l’on retrouve dans ce rapport utilisent des scénarios d’émissions se basant sur les émissions de gaz à effet de serre anticipés à partir de facteurs tels que la croissance économique, et la consommation énergétique.  Les quelque trois cents chercheurs à l’origine de ce rapport ont choisi d’utiliser le même scénario d’émissions que celui utilisé par le GIEC en 2001. 

 

Tous ces efforts de diffusion sur les régions polaires ne sont pas étrangers à la proclamation au plan international de l’Année polaire internationale en 2007-2008. Celle-ci devrait donner lieu dans un cadre multidisciplinaire à des « campagnes internationales de grande envergure, capables de faire franchir de nouvelles étapes à la recherche polaire »[86].

 

De l’atténuation des effets à l’adaptation au changement climatique

Face aux problèmes grandissants que soulève le réchauffement de la planète, la plupart des ouvrages du corpus des années 2000 mettent de l’avant des moyens particuliers d’atténuer les effets de la catastrophe anticipée.  D’autres sont consacrés entièrement à cette question.  Dans son ouvrage intitulé Plan B 2.0 : rescuing a planet under stress and a civilization in trouble[87], Lester Brown aborde les grands enjeux planétaires à l’horizon du XXIe siècle, y compris la fin de l’ère pétrolière, la croissance des pénuries d’eau potable, l’augmentation des températures et de l’élévation du niveau des mers, la déforestation et la perte de vastes étendues de sols arables, la désertification et l’effondrement des ressources halieutiques[88], avant de suggérer une nouvelle option d’ensemble pour faire face à la problématique du réchauffement planétaire et de ses multiples effets.  Cette option porteuse repose sur la création d’une nouvelle économie fondée, entre autres, sur une nouvelle répartition des taxes et des subsides, l’émergence de nouveaux matériaux, de nouvelles industries et de nouveaux emplois.  Ce plan B, passe aussi nécessairement par l’éradication de la pauvreté et la stabilisation de la population mondiale, la restauration des sols, la conservation des forêts, l’approvisionnement assuré en eau potable et en produits alimentaires, le développement de nouveaux systèmes de production des protéines, l’accroissement de la productivité énergétique, que ce soit par le moyen de l’harnachement de la force éolienne, l’utilisation accrue de voitures hybrides ou encore une meilleure maîtrise de l’énergie solaire, la refonte des transports urbains, une meilleure utilisation des eaux des villes et le défi que posent les quartiers insalubres des grandes agglomérations urbaines.

 

Au Canada[89], l’ouvrage des biologistes québécois de l’Université du Québec à Chicoutimi Claude Villeneuve et François Richard s’inscrit également dans cette optique.  Vivre les changements climatiques : quoi de neuf?[90] est l’une des rares publications non gouvernementales canadiennes sur cette thématique.  Après avoir établi que le phénomène est là pour rester, les auteurs identifient quelques-unes des actions qui pourraient en réduire l’ampleur : l’émergence de technologies nouvelles, diverses incitations économiques et légales et même des gestes et des choix individuels que pourraient poser les citoyens.  À l’instar de leurs collègues internationaux, les messages transmis à l’attention du grand public sont ceux de l’adaptation au changement climatique.

 

 

 

De la même façon, Matthias Ruth, dans son Smart Growth and Climate Change[91], réunit une panoplie d’experts de deux courants de recherche appliquée: la recherche en matière de croissance intelligente (smart growth) et celle de l’adaptation au changement climatique.  L’année précédente, il avait lui-même signé un article paru dans l’ouvrage publié par Dennis Pirages et Ken Cousins, From resource scarcity to ecological security : exploring new limits to growth[92], dans lequel il discutait de moyens pour affronter les défis socio-économiques et politiques issus du changement climatique à l’échelle mondiale[93].

 

Ce que nous apprend le passé, ce que l’avenir nous réserve

Le regard sur le passé, même récent, entraîne souvent une introspection des conditions du présent, en même temps qu’un coup d’œil sur l’avenir.  Ainsi, paraissent au début des années 2000, un certain nombre d’ouvrages qui visent à présenter à la lumière des apprentissages du passé, des solutions aux problématiques contemporaines.  Ces ouvrages débordent parfois le cadre strict des effets du changement climatique et s’étendent à l’ensemble des effets de l’action humaine sur la nature.  En 2002 est publié l’ouvrage de l’architecte William McDonough et du chimiste Michael Braungart, dont l’idée maîtresse, d’abord défendue par une poignée d’écologistes, vise non plus à faire la promotion du recyclage des déchets mais bien à faire en sorte d’éliminer les déchets en intervenant dès la conception des produits.  Selon McDonough, la plupart des efforts de recyclage du passé ne sont que ce qu’il nomme le « décyclage ».  À partir de déchets, on fabrique de nouveaux produits à moins grande valeur ajoutée qui de cycle en cycle aboutissent inévitablement au dépotoir.  Pour sortir de ce cercle vicieux, il propose l’approche « cradle to cradle » et d’imiter en cela les chaînes alimentaires que l’on retrouve dans la nature :

A technical nutrient is a material or product that is designed to go back into the technical cycle, into the industrial metabolism from which it came.  The average television we analyzed, for example, was made of 4,360 chemicals.  Some of them are toxic, but others are valuable nutrients for industry that are wasted when the television ends up in a landfill.  Isolating them from biological nutrients allows them to be up cycled rather than recycled – to retain their high quality in a closed-loop industrial cycle[94].

 

Faisant souvent appel à l’expérience du passé historique, il utilise de nombreux exemples aux fins d’illustrer l’approche qu’il propose : “ Henry Ford practiced an early form of up cycling when he had Model A trucks shipped in crates that became the vehicle’s floorboards when it reached destination”.[95]D’autres ouvrages récents font aussi directement appel à l’histoire aux fins d’interpréter les voies d’avenir face au changement climatique et de livrer leur message.

 

À elle seule, une revue sommaire des publications les plus récentes -- celles de 2006 -- que renferme le corpus, démontre que nombre d’auteurs s’intéressent à l’application des leçons de l’histoire en vue d’apporter des éléments de solution au problème du changement climatique.  Alexander Farrell et Jill Jäger, publient en 2006 sous le titre Assessments of regional and global environmental risks: designing processes for the effective use of science in decisionmaking[96], une série de quatorze articles sur la nature et la portée des évaluations environnementales.  De cette collection d’analyses étoffées, trois articles retiennent l’attention par leur à-propos : l’article de Marybeth Martello et d’Alastair Iles « Making Climate Change Impacts Meaningfull : Framing, Methods, and Process in Coastal Zone and Agricultural Assesments », celui de David C. Lund « Limits to Assesment : An Example from Regional Abrupt Climate Change Assesment in the United States », et « Lessons from the Climate Change Regime » de Clark A. Miller.  Toutefois, les chercheurs que préoccupent le changement climatique, utilisent aussi l’histoire aux fins d’identifier des pratiques exemplaires dans les relations entre les humains et les écosystèmes du passé.

 

The archaeology of global change : the impact of humans on their environment[97], que publie Charles Redman, de l’université Arizona State et auteur de Human Impact on Ancient Environments[98], publié en 1999, est un exemple de cette approche.  L’ouvrage contient plusieurs études sur le Sud-Ouest des États-Unis et le Proche-Orient.  Redman est l’un des premiers à examiner les effets environnementaux des populations préhistoriques.  Il avance  que l’on peut apprendre beaucoup des peuples qui, au travers de ce qui peut paraître des décisions rationnelles qui ont compromis leur environnement et menacé leur propre survie.  Il est surtout des scientifiques qui cherchent à établir une base de données internationale permettant de documenter les effets de l’Homme sur son environnement.

 

Dans le contexte élargi des sciences de la nature, certains ouvrages récents remontent jusqu’à la préhistoire pour étudier le changement climatique au travers du temps.  Par exemple, Robert Boyd et Joan Silk utilisent diverses méthodes paléontologiques dans How humans evolved[99], leur dernier ouvrage paru en 2006, pour expliquer l’évolution de l’Homme au travers des âges.  En particulier, ils consacrent leur chapitre 10 en entier à l’évolution des premiers primates, la naissance des premiers anthropoïdes et l’émergence des hominoïdes à la lumière de la dérive des continents et des changements climatiques.  Si la venue de l’Homme s’explique pour certains en partie grâce au changement climatique, pour d’autres les changements sociaux dramatiques que connait l’Homme au cours de certaines périodes préhistoriques vont de pair avec les transformations qu’il impose à son environnement.  C’est la thèse que l’on retrouve dans la seconde édition de Late Quaternary environmental change : physical and human perspectives[100]de M. Bell et C.J.C. Walker, qui tiennent compte, pour leur part, des développements importants de la science du Quaternaire[101] alors que le climat des régions de moyenne et de hautes altitudes est passé de la sévérité arctique aux températures plus chaudes de la présente période interglaciaire.

 

D’autres chercheurs, reprennent à leur compte cette notion de transformation de l’environnement et l’interprètent à la lumière de champs d’études spécifiques.  Ainsi la publication intitulée Flood hazards and health : responding to present and future risks[102], que dirigent Roger Few et Franziska Matthies en 2006 intéresse autant par le traitement contemporain qu’on y fait de la protection de la santé que de la sécurité civile.  Les auteurs ne manquent pas de faire appel à une analyse poussée des interventions humaines en regard de ces risques et situent leur propos face à l’accroissement potentiel des inondations issues du changement climatique.  La sécurité alimentaire est un autre champ d’études que l’on retrouve en toile de fond du réchauffement planétaire.  L’étude Monitoring and predicting agricultural drought : a global study de Vijendra Boken, Arthur Cracknell et Ronald Heathcote, publiée en 2005, rassemble trente-quatre communications qui sont pour la plupart le fruit de recherches sur les concepts fondamentaux et la capacité de prédiction et d’analyse sur la sécheresse en agriculture, et d’études de cas provenant des quatre coins de la planète -- Amériques, Europe, Russie, Proche-Orient, Afrique, Asie et Australie.  Entre autres, l’ouvrage contient des communications se rapportant aux efforts internationaux visant à prédire et contrôler les sécheresses et ses effets en relation avec le changement climatique.  Les apprentissages de l’histoire s’y conjuguent temps au présent et au futur conditionnel. Là, comme ailleurs, les chemins de la mitigation contre les effets du changement climatique à venir passent par de nouvelles recherches aux limites de la connaissance scientifique actuelle.

Cette conclusion contraste avec celle que propose Jared Diamond, professeur de géographie à U.C.L.A. et auteur à succès qui s’est vu décerner le prix Pulitzer pour un ouvrage antérieur, Guns, Germs and Steel[103]l.  Dans Collapse : how societies choose to fail or succeed, publié en 2005, il étudie, entre autres, les valeurs et les interactions entre l’activité humaine et l’environnement de diverses sociétés anciennes, depuis les habitants le l’île de Pâques, de Polynésie et de Mélanésie, des amérindiens Anasazi de l’Ouest américain, des Mayas, des Vikings au Groenland, jusqu’aux autochtones de Nouvelle-Guinée, Tikopia et Tokugawa du Pacifique.  Les leçons qu’il dégage de son examen sont claires : “ Today, just as in the past, countries that are environmentally stressed, overpopulated, or both become at risk of getting politically stressed, and of their governments collapsing.”[104]

 

C’est aussi la conclusion à laquelle arrive J.R. McNeil dans son histoire environnementale du XXe siècle intitulé Something New under the Sun[105], et dont la thèse peut se résumer en quatre points :

First, that the twentieth century was unusual for the intensity of change and the centrality of human effort in provoking it.  Second that this ecological peculiarity is the unintended consequence of social, political, economic and intellectual preferences and patterns.  Third, our patterns of thought, behaviour, production and consumption are adapted to our current circumstances – that is to the current climate (and global biogeochemistry), to the twentieth century‘s abundance of cheap energy and cheap fresh water, to rapid population growth, and the yet more rapid economic growth.  Fourth that these preferences and patterns are not easily adaptable should our circumstances change.[106]

 

 

Selon McNeil, les sociétés du XXe siècle ont toutes cherché à maximiser leurs richesses au risque de sacrifier les butoirs écologiques existants et leur propre capacité de résilience future : “The general policy of the twentieth century was to try to make the most of resources, make Nature perform to the utmost, and hope for the best”[107].

 

Pour sa part, dans son dernier ouvrage intitulé Plows, plagues and petroleum[108], William Ruddiman, professeur émérite en sciences environnementales de l’université de Virginie, soumet l’hypothèse que les humains ont commencé à modifier le climat à la suite de l’apprentissage de l’agriculture, il y a de cela plus de 8 000 ans.  L’ « hypothèse Ruddiman », telle qu’on l’appelle, met de l’avant que, des milliers d’années avant l’avènement de la Révolution industrielle, les effets de l’agriculture sur les niveaux de gaz à effet de serre ont gardé plus élevée la température de la planète que ne l’auraient fait les cycles naturels du climat.  Cette situation aurait possiblement précipité le début d’une ère glaciaire.  Ruddiman résume l’histoire de l’humanité en trois phases : la période du contrôle naturel ; la période ou les humains ont commencé à prendre le contrôle de la nature ; et les plus récents effets de l’Homme sur le changement climatique.  Cette dernière période est celle du monde industriel qui s’est jusqu’ici développé en se fondant sur des coûts énergétiques somme toute assez faibles.  Avec la fin de l’ère du pétrole[109], et l’accélération du changement climatique, de nombreuses questions se posent sur nos modèles industriels et commerciaux, de même que sur les modes de production et de transport que nous connaissons à l’heure actuelle.  Avec ce cortège de nouvelles réalités à l’échelle de la planète, le passé n’est désormais plus garant de l’avenir.  Dans The long emergency : surviving the converging catastrophes of the twenty-first century[110], James Kunstler, partage une vision apocalyptique du futur immédiat, au moment où nous sommes en train de franchir le point de non-retour au-delà duquel nous devrons irrémédiablement nous engager dans une spirale de réduction et d’incertitude.  Avec la fin du pétrole, l’économie de marché et la mondialisation seront alors choses du passé.  L’humanité sera en mode de régression, avec toutes les conséquences que l’on veut bien imaginer : fin de l’usage de l’automobile et de l’aviation commerciale, accroissement du nombre de pandémies et de sécheresses, agriculture de subsistance, pénuries énergétiques amenant des nations de plus en plus désespérées et agressives à lutter pour leur survie.  La suite de l’histoire risque d’amener l’humanité en terrain inconnu[111].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez;

et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel,

 et sur tout animal qui se meut sur la terre

 

La Genèse

 

CONCLUSION

 

 

Au lendemain de la publication de la Déclaration commune des Académies des sciences sur la réponse globale au changement climatique[112] en juillet 2005, la plupart des reportages de la presse écrite et parlée faisaient écho à des notions telles que l’ « évidence du réchauffement planétaire », la « fonte accélérée des glaces polaires » et la « dégradation du pergélisol », l’accroissement du nombre « sécheresses », la « réduction de la diversité biologique », les « pertes d’habitats » pour certaines populations de poissons, d’oiseaux et d’animaux, l’augmentation des « phénomènes météorologiques sévères » et autres « aberrations du climat ».  Pourtant, faut-il le rappeler, les recherches qui ont mené à ces constats scientifiquement documentés datent de moins d’une génération.

 

Tout au long de la présente étude, nous avons tenté de démontrer au travers d’écrits d’histoire, d’écrits sur l’histoire et d’écrits qui ont fait l’histoire que le corpus sur les changements climatiques s’est constitué, pour l’essentiel, en parallèle à ces recherches sur une période de moins de vingt ans.  Ce corpus prend naissance dans les années 1950 alors que sont menés des travaux de mesure systématique de la présence de CO2 dans l’atmosphère.  Jusqu’aux recherches encore hésitantes des années 1970, la problématique du réchauffement planétaire demeure l’apanage des sciences de la nature et inconnue du public.  Les années 1980 voient l’application systématique de la méthode scientifique et de modélisation s’étendre à un champ d’investigation élargi.  C’est aussi l’époque des grands débats qui s’inscrivent dans la foulée de vastes projets de recherches et la parution d’études sous l’égide des grandes institutions internationales.  Il faudra attendre les années 1990 avant que des chercheurs des sciences sociales et des sciences humaines ne viennent s’ajouter à la collectivité scientifique existante et permettre l’examen de la problématique à la lumière de la multidisciplinarité.  Alors que les recherches se multiplient, le corpus sur le changement climatique connaît un véritable essor.  Les publications qui en résultent se diversifient, prenant tantôt la forme d’articles dans les journaux et revues spécialisées, tantôt de collectifs thématiques dérivés de colloques et de séminaires internationaux, ou encore d’ouvrages de vulgarisation.  Ces recherches et les efforts de diffusion qui en découlent convergent vers un seul objectif : étayer la preuve que le réchauffement planétaire est dû à l’action de l’Homme sur son environnement.  Puis arrivent les années 2000.  Forte d’un consensus sans précédent, la collectivité scientifique va sonner l’alarme et interpeller les leaders politiques du monde entier face à l’urgence de s’engager dans l’action afin de contrer l’accélération du réchauffement planétaire et d’en limiter les effets.

Raymond Aron disait de l’histoire qu’elle est la science que les hommes s’efforcent d’élaborer de leur devenir.  Le tracé historique et historiographique qu’a recréé le présent travail fait-il partie de cette histoire dont parle Raymond Aron ?  Faut-il voir dans l’effort collectif des scientifiques que documente le corpus sur le changement climatique, l’ultime tentative pour changer le devenir désormais sérieusement compromis de l’humanité ?  Ou s’agirait-il plutôt de mauvaise conscience ?  Une sorte de remord du scientifique qui, suivant l’imagerie populaire, tenterait un dernier effort pour remettre le génie dans la bouteille ?  Le réchauffement planétaire ne passe-t-il pas nécessairement par les découvertes scientifiques et les applications technologiques qui en résultent ?  Et que nous révèle le corpus sur la nature humaine ?  Les changements climatiques qui s’annoncent ne sont pas des événements impersonnels comme les tremblements de terre.  Ce sont les humains qui par une série de choix conscients ou inconscients, ont compromis l’atmosphère et le climat.  Dans leur quête insatiable de puissance et de richesse, ils ont assujetti puis dominé la nature.  Ce faisant, ils ont démontré un pouvoir que l’on ne conférait naguère qu’aux dieux.

La notion que l’Homme sera en mesure de corriger le tir fait aussi partie du corpus.  Elle se traduit dans des expressions telles que « développement durable », « gouvernance environnementale », atténuation des effets » et « adaptation au changement climatique ».  Elle se retrouve, entre autres, dans les conclusions auxquelles en arrive le romancier, historien et essayiste Ronald Wright dans son ouvrage A Short History of Progress.  À sa façon, il tente de répondre à la pensée de Raymond Aron sur le sens de l’histoire :

Things are moving so fast that inaction itself is one of the biggest mistakes.  The 10,000 year experiment of the settled life will stand or fall by what we do, and don’t do.  The reform that is needed is not anti-capitalist, anti-American, or even deep environmentalist; it is simply the transition from the short-term to long-term thinking… The great advantage we have, our best chance for avoiding the fate of past societies, is that we know about past societies… We have the tools and the means to share resources, clean up pollution, dispense basic health care and birth control, set economic limits in line with natural ones.  If we don’t do these things now, while we prosper, we will never be able to do them when things get hard…  And this new century will not grow very old before we enter an age of chaos and collapse that will dwarf all the dark ages in our past.[113]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] J. Donald Hughes.  Pan's Travail: Environmental Problems of the Ancient Greeks and Romans.  Johns Hopkins University Press, 1996

[2] http://news.bbc.co.uk/1/hi/sci/tech/4467420.stm

[3] Gore, Al.  An inconvenient truth.  Emmaus: Rodale, c2006. p.262

[4] À titre d’exemple, au 15 décembre 2006, la bibliothèque de l’université d’Ottawa comprenait plus d’un millier de titres portant sur le changement climatique.  Voir Annexe I : Survol historiographique du corpus sur les changements climatiques dans les collections de la bibliothèque de l’université d’Ottawa.

[5] McKibben, Bill.  The End of Nature, p.vii.  On compare souvent l’effet qu’a eu l’ouvrage de McKibben en matière de sensibilisation du public envers le réchauffement planétaire à celui qu’a eu Silent Spring de Rachel Carson envers la lutte contre les pesticides et la protection de l’environnement.

[6] Metz, Bert ... [et al.], Eds.  Climate change 2001 : mitigation : contribution of Working Group III to the third assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change.  New York ; Cambridge, UK : Cambridge University Press, 2001.  Le deuxième rapport d’évaluation de l’IPCC sur le changement climatique a été publié en 1995.

[7] Gore, A. An Inconvenient Truth. p.64-65. Voir également: Mann, M.E., Bradley, R.S., Hughes, M.K.Global-Scale Temperature Patterns and Climate Forcing Over the Past Six Centuries, Nature, 392, 779-787, 1998

[8] La première Conférence internationale de météorologie se tient en 1853.  Le Congrès météorologique international de Vienne en 1873  établit formellement l’Organisation météorologique internationale (OIM).  Voir : Patterson, Matthew.  Global Warming and Global Politics.  London; New York, Routledge, c 1996, p.18-19.

[9]  Ibid., p. 20-21.  Callendar reprend alors la théorie qu’énonce pour la première fois le Suédois Arrhenius au début du siècle et suivant laquelle « we may yet recognize that the slight percentage of carbonic acid in the atmosphere may by the advances of industry be changed to a noticeable degree in the course of a few centuries »

[10] Revelle, R. and Hans. Suess, "Carbon dioxide exchange between atmosphere and ocean and the question of an increase of atmospheric CO2 during the past decades”. Tellus 9, 1957. 18-27 (1957). Cet article est généralement considéré comme le coup d’envoi du débat sur le réchauffement  de la Terre.

[11] MacKibben, B., The End of Nature, p.9

[12] Gore,A., An Inconvenient Truth, p.30

[13] Bowden, Martin J., [et alt.].  Climate, water balance, and climatic change in the north-west Virgin Islands.  St. Thomas, V.I. : Caribbean Research Institute, [1970]

[14]Tickell, Crispin.  Climatic change and world affairs.  Cambridge, Mass.: Center for International Affairs, Harvard University, 1977

[15] Voir: Parry, M.L.  Climatic change agriculture and settlement.  Folkestone : Dawson ; Hamden, Conn. : Archon Books, 1978

Takahashi, Koichiro and Masatoshi M. Yoshino, Eds.  Climatic change and food production : International Symposium on Recent Climatic Change and Food Production held October 4-8, 1976, Tsukuba and Tokyo.  Tokyo : University of Tokyo Press, c1978

La sécurité alimentaire continue de se situer encore aujourd’hui en toile de fond de la question du réchauffement planétaire.  Une bibliographie (1991-2001) sur les effets du changement climatique sur l’agriculture est disponible sur le site http://www.climate.org/CI/ag/abstracts/intro.shtml.  Voir également les trente quatre communications savantes qui forment l’étude Monitoring and predicting agricultural drought : a global study de Boken, Cracknell et Heathcote, publiée en 2005 : Boken, Vijendra K., Arthur P. Cracknell, and Ronald L. Heathcote. Monitoring and predicting agricultural drought : a global study.  Oxford ; New York : Oxford University Press, 2005

[16] Op. Cit., Patterson, p.23.  ICSU : International Council of Scientific Unions ou Conseil international des unions scientifiques

[17] Le Club de Rome est une association apolitique internationale qui réunit des scientifiques, économistes, universitaires, fonctionnaires nationaux et internationaux, et industriels de plus de cinquante pays, que préoccupent les problèmes complexes auxquels sont confrontées les sociétés, tant industrialisées qu'en développement.

[18] Ce rapport est aussi connu sous le nom de « Rapport Meadows » en référence à deux de ses auteurs : Donnela et Dennis Meadows.

[19] Conférence mondiale de l’alimentation (1974), Conférence des Nations Unies sur l’eau (1976) et la Conférence des Nations Unies sur la désertification (UNCOD) en 1977.

[20] Op. Cit., Patterson, p. 26

[21] Loc. Cit.

[22] Le Rapport Brundtland, du nom de la présidente de la commission, la Norvégienne Gro Harlem Brundtland, est intitulé Notre avenir à tous.  Voir : U.N. Report of the World Commission on Environment and Development, Our Common Future, General Assembly, 42nd Session, Article 83 (e), August 1987.  New York: U.N., 1987

[23] U.N. Report of the World Commission on Environment and Development, Our Common Future, General Assembly, 42nd Session, Article 83 (e), August 1987.  New York: U.N., 1987, p.24. 

[24]Ibid., p.13

[25] En 2005, moins de vingt ans après la publication du Rapport Brundtland et devant l’évidence scientifique accumulée du réchauffement planétaire, la dialectique Nord-Sud de partage des richesses et de gestion durable des ressources s’est déjà estompée au profit d’une vision de gestion du changement et d’adaptation aux conséquences du changement climatique.  Les premières visions apocalyptiques d’un ensemble de sociétés du Nord et du Sud en mode de survie et de réduction où l’économie de marché doit faire place à la lutte pour les dernières ressources disponibles, ont déjà fait leur apparition.  Voir :. Kunstler, James Howard.  The long emergency: surviving the converging catastrophes of the twenty-first century.  New York : Atlantic Monthly Press, c2005

[26] Par exemple, dès le début des années 1980 aux Etats-Unis, la National Defense University s’intéresse particulièrement à la question en publiant une série de rapports d’évaluation sur les effets du climat sur les rendements agricoles.  Voir : NDU.  Crop yields and climate change to the year 2000.  Washington, D.C. : [National Defense University], 1980 et Johnson, D. Gale.  The world grain economy and climate change to the year 2000 : implications for policy : report on the final phase of a climate impact assessment.  Fort Lesley J. McNair, Washington, D.C.: National Defense University Press, 1983.  Au Canada, Environnement Canada joue à partir de 1981 un rôle crucial non seulement en matière de recherche mais aussi en termes de diffusion.  La plus ancienne publication canadienne sur le sujet dans les collections de la bibliothèque de l’université d’Ottawa est une publication préparée par le Centre climatologique canadien, Service de l’environnement atmosphérique d’Environnement Canada pour le Conseil canadien des ministres des ressources et de l’environnement en 1981.  Voir : Environment Canada.  Climate change seminar : proceedings, Regina, Saskatchewan, March 17-19, 1981.  Downsview, Ont. : Prepared and published by Canadian Climate Centre, Atmospheric Environment Service, Environment Canada for the Canadian Council of Resource and Environment Ministers, 1981

[27] McKibben, Bill. The End of Nature. p. 4.

[28] À titre d’exemple, une production de WQED (Pittsburg) et de la National Academy of Sciences et réalisée par Gregory Andorfer de la maison Magic Lanten d’Oakville (Ontario) en 1986, Climate Puzzle, interroge les téléspectateurs à savoir si le climat est en train de changer et si le Terre est à la veille de connaître une nouvelle ère glaciaire.

[29] Op. Cit., McKibben, p.xiv

[30] Voir: Environment Canada.  Canadian climate impacts program.  [Ottawa] : Environment Canada, c1987

Martec Limited.  Effects of a one metre rise in mean sea-level at Saint John, New Brunswick and the lower reaches of the Saint John River.  [Ottawa] : Environment Canada, c1987

Sanderson, Marie.  Implications of climatic change for navigation and power generation in the Great Lakes : summary of Great Lakes Institute Reports.  [Ottawa] : Environment Canada, 1987;

Smit, Barry.  Implications of climatic change for agriculture in Ontario.  [Ottawa]: Environment Canada, 1987.

Arthur, Louise M.  The implications of climate change for agriculture in the Prairie Provinces: a summary of Department of Agricultural Economic Reports.  Ottawa : Environment Canada, 1988

DPA Group Inc.  CO induced climate change in Ontario: interdependencies and resource strategies.  [Ottawa] : Environment Canada, c1988

Lane and Associates Limited.  Preliminary study of the possible impacts of a one meter rise in sea level at Charlottetown, Prince Edward Island.  [Ottawa] : Environment Canada, c1988

Singh, Bhawan.  The implications of climate change for natural resources in Quebec.  [Ottawa] : Environment Canada, c1988

Stokoe, Peter.  Socio-economic assessment of the physical and ecological impacts of climate change on the marine environment of the Atlantic region phase I.  Downsview, Ont. : Canadian Climate Centre, c1988

Timmerman, P. and A. P. Grima.  Economic perspectives on the impact of climate variability and change.  [Ottawa] : Environment Canada, Atmospheric Environment Service, c1988

Wall, Geoffrey.  Implications of climatic change for tourism and recreation in Ontario: summary of phase 1 and phase 2, climatic change and its impact on Ontario: tourism and recreation.  Downsview, Ont. : Climate Program Office, Canadian Climate Centre, 1988

Williams, G.D.V.... [et al.].  Estimating effects of climatic change on agriculture in Saskatchewan, Canada.  Downsview ,Ont. : Climate Program Office, Canadian Climate Centre, 1988

Wheaton, E.E. and T. Singh.  Exploring the implications of climatic change for the boreal forest and forestry economics of Western Canada. Ottawa: Published by authority of the Minister of the Environment, 1988.

La liste des publications de 1989 à 1996 est disponible à : http://www.cics.uvic.ca/climate/change/ccd.htm

[31] Harington, C.R., Ed.  Climatic change in Canada : National Museum of Natural Sciences project on climatic change in Canada during the past 20,000 years

Ottawa : National Museum of Natural Sciences, National Museums of Canada, c1980

[32] Graham, Katherine A... [et al.].  A Climate for change: alternatives for the central and eastern Arctic.  Kingston, Ont. : Institute of Local Government [and] Centre for Resource Studies, Queen's University, 1984

[33]Dotto, Lydia.  Thinking the unthinkable.  Waterloo, Ont. : Published by Wilfrid Laurier University Press for the Calgary Institute for the Humanities, c1988

[34] Pour une bibliographie exhaustive contenant plus de 2 100 entrées jusqu’à l’an 2000 sur le sujet, voir: Bibliography: Climate Change and its Impact on Species/Ecosystems, prepared by Wil Burns, Communications Director/Research Associate, Pacific Institute for Studies in Development, Environment, and Security & Co-Chair, American Society of International Law Wildlife Interest Group.  Last updated: 05/14/2000, http://www.eelink.net/~asilwildlife/CCWildlife.html

[35] Koshida, G. and L. Mortsch.  Répercussions du changement climatique et du niveau des eaux sur les milieux humides : bibliographie. Downsview, Ont. : Environnement Canada, Service de l’environnement atmosphérique, 1991

[36]Myers, Norman, Ed.  Tropical forests and climate.  Dordrecht ; Boston : Kluwer Academic, c1992

[37] McMichael, A.J...[et.al.], Eds.  Climate change and human health.  Geneva : World Health Organization, 1996

[38] Voir Kimmins, Hamish.  Balancing act: environmental issues in forestry.  Vancouver, B.C. : UBC Press, c1997; en particulier, le chapitre 12.

[39] Glen George, D. Glen ... [et al.], Eds. Management of lakes and reservoirs during global climate change.  Dordrecht ; Boston : Kluwer Academic Publishers : Published in cooperation with NATO Scientific Affairs Division, c1998

[40] Price, Martin, Ed.  Global change in the mountains.  New York : Parthenon Publishing Group, 1999

[41]Wolfe, S.A. and W.G. Nickling.  Sensitivity of eolian processes to climate change in Canada: impact of global change on geological processes in Canada.  Ottawa : Geological Survey of Canada, 1997

[42] Brotton, Janet and Geoffrey Wall. The Bathurst caribou herd in a changing climate  [Downsview, Ont.] : Atmospheric Environment Service, 1997

[43] Voir en particulier : Schechter, Michael G.  United Nations-sponsored world conferences: focus on impact and follow-up.  Tokyo ; New York : United Nations University Press, c2001

[44] Voir: Bush, Kenneth.  Climate change, global security, and international governance: a summary of proceedings of a conference on climate change and global security, Ottawa, 11-12 April 1990.  Ottawa : Canadian Institute for International Peace and Security, 1990

Canada.  Parliamentary forum on global climate change.  Ottawa : Queen's Printer for Canada, 1990

Houghton, J.T., G.J. Jenkins, and J.J. Ephraums, Eds.  Climate change: the IPCC scientific assessment.  Cambridge ; New York : Cambridge University Press, 1990

Karpe, H.-J., D. Otten, S.C. Trindade, Eds.  Climate and development: climatic change and variability and the resulting social, economic and technological implications.  Berlin ; New York : Springer-Verlag, c1990

MacCracken, Michael C... [et al.], Eds.  Prospects for future climate: a special US/USSR report on climate and climate change.  Chelsea, MI : Lewis Publishers, 1990

MacDonald, Gordon J. and Luigi Sertorio, Eds. Global climate and ecosystem change. New York : Plenum Press, c1990 

National Research Council (U.S.).  Confronting climate change: strategies for energy research and development / Committee on Alternative Energy Research and Development Strategies, Energy Engineering Board, Commission on Engineering and Technical Systems, National Research Council.  Washington, D.C. : National Academy Press, 1990

United States.  Energy and climate change: report of the DOE Multi-Laboratory Climate Change Committee.  Chelsea, Mich. : Lewis Publishers, [1990]

Scharpenseel, H.W., M. Schomaker, A. Ayoub, Eds.  Soils on a warmer earth: effects of expected climate change on soil processes, with emphasis on the tropics and sub-tropics.  Amsterdam ; New York : Elsevier, 1990

Waggoner, Paul. A. Ed.  Climate change and U.S. water resources.  New York : Wiley, c1990

 

[45] Mohren, G.M.J., K. Kramer, and S. Sabaté, Eds.  Impacts of global change on tree physiology and forest ecosystems : proceedings of the International Conference on Impacts of Global Change on Tree Physiology and Forest Ecosystems, held 26-29 November 1996, Wageningen, The Netherlands.  Dordrecht ; Boston : Kluwer Academic Publishers, c1997

[46] À titre d’exemple : la conférence de Lunteren (Hollande) de décembre 1989 est à l’origine de la publication de Greenhouse-impact on cold-climate ecosystems and landscapes : selected papers of the European Conference on Landscape Ecological Impact of Climatic Change(1992) ; l’atelier spécialisé de l’OTAN sur les prédictions dans les variations climatiques interannuelles, qui se tient à Trieste (Italie) du 22 au 26 juillet 1991, donne lieu à la publication de l’ouvrage de Ed Shukla : Prediction of interannual climate variations (1993), et celui sur les cycles énergétiques et hydroliques de Plon en Allemagne (mai 1995) à Radiation and water in the climate system : remote measurements, de Ehrhard Raschke en 1996 ; Climate change : significance for agriculture and forestry : systems approaches arising from an IPCC meeting (1994), de David White et Mark Howden est issu d’un atelier qui a lieu à Canberra (Australie) en janvier 1992 ; la publication de David Greene et Danilo Santini intitulée Transportation and global climate change (1993) fait suite une conférence sur le sujet tenue à Pacific Grove (Californie) à l’été de 1991; A regional response to global climate change : New England and eastern Canada : symposium summary (1994), comme son titre l’indique, s’inscrit dans la suite du 5e symposium canado-américain sur les implications du changement climatique ; la publication conjointe de l’UNESCO et de l’International Association of Hydrological Sciences et intitulée Space and time scale variability and interdependencies in hydrological processes provient de la première rencontre de l’association et du Programme hydrologique international ;l’ouvrage de Donald White et de Kelly Helm Smith Evaluating climate change action plans : national actions for international commitment est publié à la suite de la 10e conférence annuelle du Center for Environmental Information tenue à Washington en décembre 1994 ;la publication du Conseil national de recherche du Canada Climate change and northern fish populations, de R.J. Beamish fait suite au Symposium on Climate Change and Northern Fish Populations ayant eu lieu à Victoria, Colombie Britannique, du 19 au 24 octobre 1992 ; la présentation de The key to Kyoto : social dimension of climate change(1998) de Sherri Torjman devant le Forum national de la Table ronde sur l’environnement et l’économie, le 9 mars 1998, à Ottawa, est l’objet d’une publication du Caledon Institute of Social Policy (1998) ; Andrew Hoffman publie en 1998 Global climate change : a senior-level debate at the intersection of economics, strategy, technology, science, politics, and international negotiation, à la suite de la tenue d’une rencontre à la Kellogg Graduate School of Management en mai 1997 ; Miranda Schreurs et Elizabeth Economy publient en 1997 The internationalization of environmental protection, regroupant les résultats de trois ateliers du Center for Science and International Affairs, de la Kennedy School of Government, Harvard University and du Brookings Institution ; et une série de communications livrées lors de l’atelier de novembre 1995 de l’institut de Potsdam sur les effets du climat est publiée sous le titre Cost-benefit analyses of climate change : the broader perspectives en 1998 ;

 

[47] La Presse, Montréal, le samedi 23 décembre 2006, p. A-1, A-3.  Le traitement médiatique du changement climatique a une influence considérable sur la perception qu’a le public du réchauffement planétaire.  À titre d’exemple, le plus grand quotidien français d’Amérique, le journal La Presse de Montréal, titrait en première page de son numéro du samedi 23 décembre 2006 que « Le sort de la planète inquiète les Québécois ».  Selon un sondage SOM-La Presse-Le Soleil, les Québécois se disaient à 90 pour cent « maintenant convaincus des dangers liés au réchauffement de la planète ».  Des sondages similaires réalisés pour le compte de l’Université de l’Oregon (États-Unis), par CSA-Canal+ (France) et par le Département fédéral de l’environnement (Suisse) indiquaient que les Américains (77 p. cent), les Français (51 p. cent) et les Suisses (75 p. cent) partageaient la même conviction.

[48] L’Organisation météorologique mondiale annonçait en 2004 que les dix années les plus chaudes au niveau planétaire sont toutes survenues depuis 1990 et les cinq années les plus chaudes depuis 1861 étaient, par ordre de température décroissante, 1998, 2002, 2003, 2001 et 1995.  Voir : http://ecoinfo.org/env_ind/region/climate/climate_f.cfm

[49]Conférence mondiale sur l’environnement et le développement qui se tiendra en 1992 à Rio de Janeiro

[50] Voir : Houghton, J.T., G.J. Jenkins, and J.J. Ephraums, Eds.  Climate change: the IPCC scientific assessment.  Cambridge ; New York : Cambridge University Press, 1990;

Houghton, J.T. ... [et al.], Eds. Climate change, 1994: radiative forcing of climate change and an evaluation of the IPCC IS92 emission scenarios.  Cambridge [England] ; New York : Cambridge University Press, 1995

Watson, T., Marufu C. Zinyowera, Richard H. Moss, Eds.  Climate change, 1995: impacts, adaptations, and mitigation of climate change: scientific-technical analyses: contribution of WGII to the second assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change.  Cambridge [England]; New York, N.Y.: Cambridge University Press, 1996

Houghton, J.T.[et al.], Eds.  Climate change 1995: the science of climate change.  Cambridge ; New York : Cambridge University Press, 1996

[51] Houghton, J.T... [et al.], Eds.  Climate change 2001 : the scientific basis : contribution of Working Group I to the third assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change.  New York Cambridge, UK : Cambridge University Press, 2001

McCarthy, James J. ... [et al.], Eds.  Climate change 2001 : impacts, adaptation, and vulnerability : contribution of Working Group II to the third assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change.  New York Cambridge, UK : Cambridge University Press, 2001

Metz, Bert ... [et al.], Eds.  Climate change 2001 : mitigation : contribution of Working Group III to the third assessment report of the Intergovernmental Panel on Climate Change.  New York ; Cambridge, UK : Cambridge University Press, 2001

[52] Watson, Robert T. and the Core Writing Team.  Climate change 2001 : synthesis report.  Cambridge ; New York : Cambridge University Press, 2001

[53]http://www.isuma.net/v02n04/bruce/bruce_f.shtml. Les travaux du GTI1(groupe de travail I) portent sur la climatologie ; ceux du GT2 (groupe de travail 2) portent sur les impacts du climat ; alors que ceux du GT3 (groupe de travail 3) porte sur l’élaboration et l’application des stratégies.

[54] Déclaration commune des Académies des sciences sur la réponse globale au changement climatique pour le Sommet du G8 de juillet 2005.  Voir : http://www.notre-planete.info/actualites/lireactus.php?id=608

[55] Comme le proposait Louise Fréchette, Vice-secrétaire générale des Nations Unies à la conférence mondiale sur la gouvernance de Manille en 1999, la gouvernance est comprise comme étant un « processus par lequel…. des institutions des entreprises, des groupes de citoyens, expriment leurs intérêts, exercent leurs droits et obligations et règlent leurs différences au moyens de la médiation ». Voir :http://www.iog.ca/publications/goodgov_f.pdf

[56] Vogler, John.  The global common : environmental and technological governance.  Chichester, West Sussex, England; New York: J. Wiley & Sons, c2000

[57] Le patrimoine global comprend inter alia la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, la protection des grands fonds marins, les régimes contre la chasse à la baleine et la pollution, l’Antarctique, le protocole Madrid (espace) mais surtout le protocole de Montréal (couche d’ozone), le régime relatif aux changements climatiques et le protocole de Kyoto.

[58] Nordhaus, William D., Ed.  Economics and policy issues in climate change.  Washington, DC : Resources for the Future, c1998

[59] En 2005, le Secrétariat du changement climatique de la CCNUCC publiait Préserver le climat : guide de la Convention sur les changements climatiques et du Protocole de Kyoto[59], un ouvrage expliquant la nature du changement climatique et l’action menée au niveau international.  Le livre expose aussi les principales dispositions de la Convention et de Protocole de Kyoto.

[60]Benedick, Richard Elliot ... [et al.].  Greenhouse warming: negotiating a global regime.  Washington, D.C. : World Resources Institute, c1991

[61] Voir : Van Kooten, G. Cornelis.  Climate change economics : why international accords fail.  Cheltenham, UK ; Northhampton, MA : Edward Elgar, c2004

Grover, Verna I., Ed.  Climate change : five years after Kyoto.  Enfield, NH : Science Publishers, c2004

[62] Oberthür, Sebastian, Hermann E. Ott, Richard G. Tarasofsky.  The Kyoto Protocol : international climate policy for the 21st century.  New York : Springer, 1999

[63] Grubb, Michael, Christiaan Vrolijk and Duncan Brack.  The Kyoto Protocol : a guide and assessment.  London : Royal Institute of International Affairs, Energy and Environmental Programme, 1999

[64] Kohler, Juliette Voinov.  Le mécanisme de contrôle du respect du Protocole de Kyoto sur les changements climatiques : entre diplomatie et droit.  Genève ; Zurich ; Bâle : Schulthess, 2006

[65] Freestone, David and Charlotte Streck, Eds.  Legal aspects of implementing the Kyoto Protocol mechanisms: making Kyoto work.  New York : Oxford University Press, 2005

[66] Helm, Dieter, Ed. Climate-change policy.  Oxford : Oxford University Press, 2005

[67] Laroche, Jean-Claude.  Le défi énergétique : de l'épuisement des ressources au développement durable.  Paris : Editions de Paris, 2006

[68] Comment sont organisées les politiques de lutte contre le changement climatique?  En quoi les découvertes scientifiques justifient-elles la priorité accordée à ces politiques ?  Comment fonctionne le nouveau marché international du carbone et quel en est le fonctionnement ? Quelles sont innovations technologiques pour tenter d'enrayer le changement climatique?  L’ouvrage de Sylvie Faucheux, professeur en sciences économiques à l'université de Versailles, et de Haitham Joumni qui, en 2005 terminait son doctorat sur le thème des "transferts technologiques Nord/Sud dans le secteur des énergies renouvelables, intitulé Économie et politique des changements climatiques propose de répondre à ces questions sous un angle économique.  Il expose également les questions socioéconomiques, géopolitiques et technologiques liées au changement climatique. II discute en particulier les stratégies d'acteurs dans une optique Nord/Sud ainsi que les enjeux des instruments de flexibilité du protocole de Kyoto. Voir Faucheux, Sylvie et Haitham Joumni.  Économie et politique des changements climatiques.  Paris : Découverte, c2005:

[69] Flannery, Tim.  The Weather Makers : How we are changing the climate and what it means for life on Earth.  Toronto: Harper Collins Publishers, c2005, p. 231

[70]Cox, John D.  Climate crash: abrupt climate change and what it means for our future.  Washington, DC : Joseph Henry Press, c2005

[71] O’Hare, Greg, John Sweeny and Rob Wilby Harlow.  Weather, climate and climate change: human perspectives.  England ; New York : Pearson/Prentice Hall, 2005

[72] Knack, Stephen, Ed. Democracy, governance, and growth.  Ann Arbor : University of Michigan Press, c2003

[73] Bulkeley, Harriet and Michele M. Betsill.  Cities and climate change : urban sustainability and global environmental governance.  London ; New York : Routledge, 2003

[74] Fisher, Dana R.  National governance and the global climate change regime.  Lanham, MD : Rowman & Littlefield Publishers, c2004

[75]Bleischwitz, Raymund, Peter Hennicke, Eds. Eco-efficiency, regulation and sustainable busines : towards a governance structure for sustainable development.  Cheltenham, UK ; Northampton, MA : Edward Elgar, c2004

[76] À titre d’exemple, l’ouvrage de Mark Jacobson, Atmospheric pollution : history, science, and regulation, publié en 2002 aux presses de l’université de Cambridge, constitue une bonne introduction à l’histoire et à la science se rapportant à la pollution.  L’ouvrage traite d’abord des principaux composés chimiques de l’atmosphère avant de faire l’histoire de la découverte de produits chimiques dans l’atmosphère et d’entamer une discussion sur l’évolution de la couche atmosphérique et la structure et la composition actuelles de l’atmosphère terrestre.  Au nombre des sujets traités en profondeur, figurent, outre la pollution de l’air, l’acidification atmosphérique et la réduction de la couche d’ozone, les changements climatiques et l’effet de serre (En particulier, voir le chapitre 12).

Jacobson, Mark Z.  Atmospheric pollution: history, science, and regulation.  New York : Cambridge University Press, 2002

[77] Voir : McKibben, Bill.  The End of Nature.  New York: Random House Trade Paperback

Edition, 2006.  D’abord diffusé en 1989, cet ouvrage est publié avec une mise à jour en 2006.  Véritable cri du cœur, ce livre de McKibben que l’on compare avantageusement à Silent Spring de Rachel Carson, constitue un appel au changement à l’intention des citoyens qui se préoccupent des grands enjeux que sont l’effet de serre, les pluies acides et l’amincissement de la couche d’ozone.

[78]Cowen, Richard.  History of life.  Malden, MA : Blackwell Pub., 2005

[79] Munashinge, Mohan and Rob Stewart.  Primer on climate change and sustainable development: facts, policy analysis, and applications.  Cambridge, UK ; New York : Cambridge University Press, 2005

[80]Vig, Norman J. and Michael E. Kraft.  Environmental policy : new directions for the twenty-

first century.  Washington, DC : CQ Press, c2006

[81] Le corpus contient également un nombre limité d’atlas qui décomposent le système climatique et en expose les mécanismes.  La discussion qu’anime le climat en mouvance de la planète ne peut faire abstraction des éléments qui le composent comme les courants marins, les vents et les calottes glaciaires. L’Atlas de la menace climatique de  Frédéric Denhez, s’inscrit dans cette foulée et est représentatif de ce type de document.  Voir : Denhez, Frédéric.  Atlas de la menace climatique : le réchauffement de l'atmosphère : enjeu numéro un de notre siècle. Paris : Autrement, 2005

[82] Wohlforth, Charles.  The whale and the supercomputer: on the northern front of climate change.  New York: North Point Press, 2004

[83] Bargagli, R.  Antarctic ecosystems: environmental contamination, climate change, and human impact.  Berlin ; New York : Springer, 2005

[84] Kister, Chad.  Arctic melting: how global warming is destroying one of the world's largest wilderness areas.  Monroe, ME : Common Courage Press, c2005

 

[85] Cambridge University Press, Ed.  Arctic climate impact assessment.  Cambridge : Cambridge University Press, 2005

[86] http://www.ipev.fr/pages/API%202007-2008/accueilAPI.html

[87] Brown, Lester R.  Plan B 2.0: rescuing a planet under stress and a civilization in trouble.  New York : W. W. Norton & Co., c2006

[88] Ces questions retrouvent au nombre des défis illustrés dans l’ouvrage de Kirstin Dow et Thomas D. Downing : The atlas of climate change : mapping the world's greatest challenge.  Voir : Dow, Kirstin and Thomas E. Downing.  The atlas of climate change: mapping the world's greatest challenge.  London : Earthscan, 2006

[89] En 2004 paraît le Rapport du Colloque Canada-Union Européenne : évaluation environnementale, recherche sur le changement climatique et répercussions politiques dans l'Arctique, une publication conjointe du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international et de la Commission canadienne des affaires polaires.  Depuis 1994, la Commission canadienne des affaires polaires (CCAP) représente le Canada auprès du Comité scientifique pour les recherches antarctiques (CSRA), un comité interdisciplinaire du Conseil international des unions scientifiques (CIUS) qui est chargé d’entreprendre, de promouvoir et de coordonner des travaux de recherche scientifique en Antarctique et de fournir des conseils scientifiques relativement aux traités sur l'Antarctique. Également en 2004, le gouvernement du Canada publie et diffuse Votre guide pour relever le défi d'une tonne : agissons contre les changements climatiques.  Environnement Canada poursuit ses efforts de sensibilisation au sujet du changement climatique par la publication en 2005 de Une introduction au changement climatique, une perspective canadienne, un autre ouvrage de Henry Hengeveld, cette fois avec l’aide, cette fois, de Bob Whitewood et d’Angus Fergusson, tous trois du Service météorologique du Canada.  En 2005, le gouvernement canadien publie aussi son plan de mise en œuvre du protocole de Kyoto.  Intitulé Aller de l'avant pour contrer les changements climatiques : un plan pour honorer notre engagement de Kyoto[89], ce plan du gouvernement libéral de Paul Martin sera rendu caduque par l’élection en janvier 2006 du nouveau gouvernement conservateur que dirige Stephen Harper.

[90] Villeneuve, Claude, François Richard.  Vivre les changements climatiques : quoi de neuf?  Sainte-Foy, Québec : Éditions MultiMondes, c2005

[91] Ruth, Matthias, Ed.  Smart growth and climate change: regional development, infrastructure and adaptation.  Cheltenham, UK ; Northampton, MA : Edward Elgar Pub., c2006

[92] Pirages, Dennis and Ken Cousins, Eds.  From resource scarcity to ecological security: exploring new limits to growth.  Cambridge, Mass. : MIT Press, c2005

[93] Voir:” Future Socioeconomic and Political Challenges of Global Climate Change”, dans: Pirages, Dennis and Ken Cousins, Eds.  From resource scarcity to ecological security: exploring new limits to growth.  Cambridge, Mass. : MIT Press, c2005, p.145ss

[94] McDonough, William and Micheal Braungart.  Cradle to Cradle: Remaking the Way We Make Things.  New York: North Point Press, c2002, p.109-110

[95] Loc. Cit.

[96]Farrell, Alexander E., Jill Jäger, Eds.  Assessments of regional and global environmental risks: designing processes for the effective use of science in decisionmaking.  Washington, DC : Resources for the Future, c2006

[97] Redman, Charles L.  [et al.], Eds. The archaeology of global change: the impact of humans on their environment.  Washington : Smithsonian Books, c2004

[98] Redman, Charles L.  Human Impact on Ancient Environments.  Tucson : The University of Arizona Press, c1999

[99] Boyd, Robert and Joan B. Silk.  How humans evolved.  New York : W.W. Norton and Co., c2006

[100] Bell, M. and M.J.C. Walker, Late Quaternary environmental change: physical and human perspectives.  New York : Pearson/Prentice Hall, 2005

[101] Le Quaternaire se caractérise par l’apparition de l’Homme et du changement climatique.

[102] Few, Roger and Franziska Matthies, Ed.  Flood hazards and health: responding to present and future risks.  London ; Sterling, VA : Earthscan, 2006

[103] Diamond, Jarred.  Guns, Germs and Steel: The Fates of Human Societies.  New York; London:W.W. Norton Company, c1999

[104] Diamond, Jared.  Collapse : How societies choose to fail or succeed.  New York: Penguin Books, c2005, p.516

[105]McNeill, J.R.  Something New under the Sun: An Environmental History of the Twentieth-Century World. New York, London: W. W. Norton and Company, c2000

[106] Ibid., p. xxii

[107] Ibid., p.361

[108] William F. Ruddiman.  Plows, plagues, and petroleum: how humans took control of climate.  Princeton, NJ : Princeton University Press, c2005

[109] Voir : Roberts, Paul.  The end of oil: on the edge of a perilous new world.  Boston; New York: Houghton Mifflin Company, c 2004

[110] Kunstler, James Howard.  The long emergency: surviving the converging catastrophes of the twenty-first century.  New York : Atlantic Monthly Press, c2005.

[111] En ce qui concerne le Canada, depuis 2005, le gouvernement canadien affiche déjà, avec une prudence toute officielle, les premières informations à l’intention du grand public sur les effets prévisibles du changement climatique à travers le pays.  Voir annexe II.

[112] Académies des sciences signataires :
- Allemagne - Deutsche Akademie der Naturforscher Leopoldina
- Brésil - Academia Brasileira de Ciencias
- Canada - Royal Society of Canada
- Chine - Chinese Academy of Sciences
- États-Unis d'Amérique - National Academy of Sciences
- France - Académie des sciences
- Inde - Indian National Science Academy
- Italie - Accademia dei Lincei
- Japon - Science Council of Japan
- Royaume-Uni - Royal Society
- Russie - Russian Academy of Sciences

[113]Wright, Ronald. A Short History of Progress. Toronto: House of Anansi Press, c2004, p.131-132

 
Monday, October 23, 2017
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